Le palais Bourbon est le nom communément donné au bâtiment qui abrite l’Assemblée nationale, situé sur le quai d'Orsay (l'hôtel du ministre des Affaires étrangères est mitoyen, mais les deux ensembles architecturaux ne communiquent pas), dans le 7e arrondissement de Paris, dans l’enfilade du pont de la Concorde et de la place de la Concorde. 

Le palais Bourbon a été construit par Louise-Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan, qui a épousé Louis III de Bourbon-Condé, duc de Bourbonnais et 6e prince de Condé.

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Le Palais Bourbon et l'Hôtel de Lassay (résidence actuelle du président de l'Assemblée Nationale), sont édifiés simultanément, de 1722 à 1728, sur des terrains acquis par la duchesse de Bourbon en 1720 et dont elle cède une partie à son amant, le marquis de Lassay. Le même parti architectural, dit « à l'italienne » caractérise les deux bâtiments : construction de plain-pied entre cour et jardin.  

Après la mort de la duchesse, le Palais est acquis par Louis XV qui le cède en 1764 au prince de Condé. Celui-ci se lance dans de vastes travaux d'agrandissement : la cour d'honneur est entourée de bâtiments prolongés à l'ouest jusqu'à l'Hôtel de Lassay qui a été racheté en 1768 aux héritiers du marquis.

Le palais a alors la forme d’un vaste palais dans le style du Grand Trianon à Versailles et proche de l’hôtel de Lassay auquel il va bientôt être rattaché par une galerie.

Le palais demeure la propriété des princes de Condé, ducs de Bourbonnais jusqu'à la Révolution française. Confisqué en 1791, le palais est déclaré bien national. Il abrite en 1794 la future École polytechnique avant d’être affecté au Conseil des Cinq-Cents par décret du 18 septembre 1795. Toutefois, le temps de leur aménager une salle, les Cinq-Cents ne s'y installeront que le 21 janvier 1798. Le palais Bourbon sera dès lors affecté à la seconde chambre du parlement sous les différents régimes : Conseil des Cinq-Cents, Corps législatif, Chambre des députés, Assemblée nationale. 

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Cour intérieure

Un hémicycle est alors aménagé : de cette première salle des séances il ne reste aujourd’hui que le « perchoir » et la « tribune ». En 1809, l'hôtel de Lassay et le palais sont reliés par une galerie en bois transformée en galerie des fêtes en 1848. À la Restauration, le palais ainsi que l’hôtel de Lassay sont officiellement restitués au prince de Condé, mais celui-ci est forcé de louer par un « bail de 3 ans » le palais à la Chambre des députés, avant que l’État n’en devienne définitivement propriétaire en 1827.

C’est entre 1827 et 1832 que le palais prend, dans son organisation intérieure, sa physionomie actuelle sous la direction de l’architecte Jules de Joly. Ces travaux comprennent alors : l’édification d’un nouvel hémicycle (conservé jusqu’à nos jours, quoiqu’ayant subi plusieurs modifications pour supporter les variations du nombre de députés au gré des différentes constitutions), l’avancement de la façade sud (côté cour) qui a permis de créer trois salons et l’édification, de la bibliothèque, accolée à l’aile Est et décorée par le peintre Eugène Delacroix. 

Au XXe siècle, les combles sont aménagés pour gagner de nouveaux espaces de travail, tandis qu’une usine électrique, des parcs de stationnement souterrains et une régie audiovisuelle sont installés.

La « cité Assemblée nationale » comprend aujourd'hui, outre le palais Bourbon, trois immeubles réservés aux bureaux des députés et de leurs collaborateurs, une grande salle de conférence, des salles de réunions, un restaurant, etc.

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L’hémicycle est surélevé, à l’inverse du palais : ainsi, pendant la crue de la Seine de 1910, la salle n’est pas inondée et les députés continuent à siéger.  

Le palais Bourbon a accueilli, à partir de 1795, toutes les chambres basses des parlements français, à l’exception d’une courte période de 1871 à 1879 (période pendant laquelle elle siège à la salle de l’aile du Midi du château de Versailles, à la suite de l’insurrection de la Commune de Paris) puis après la fuite du gouvernement et du Parlement à Bordeaux puis à Vichy durant la Seconde Guerre mondiale en 1940.

Il abrite une très précieuse bibliothèque dont le fonds fut constitué à partir des biens confisqués chez les aristocrates émigrés. Parmi ses richesses, les minutes du procès de Jeanne d’Arc, des manuscrits de Jean-Jacques Rousseau, la collection des bustes de parlementaires en terre cuite d’Honoré Daumier (les « célébrités du juste-milieu ») et le Codex Borbonicus, un codex indigène du Mexique central. La bibliothèque a été décorée au XIXe siècle par Eugène Delacroix. Le peintre y a incarné, en cinq coupoles et une vingtaine de pendentifs, la Science, la Philosophie, la Législation, la Théologie et la Poésie, représentées dans des scènes allégoriques chaudes en couleurs.

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D'après Wikipédia