L'architecture japonaise a une histoire aussi ancienne que celle du Japon. Fortement influencée par l'architecture chinoise, elle s'en distingue cependant par certains aspects et différences importants et typiquement japonais. La plupart des bâtiments qui subsistent aujourd'hui de l'architecture pré-moderne japonaise sont des châteaux, des temples bouddhistes et des sanctuaires shinto.

Périodes Asuka et Nara (de 538 à 784)

Les premières constructions bouddhistes encore existantes au Japon, ainsi que les bâtiments en bois les plus anciens en Extrême-Orient se trouvent à Hōryū-ji dont la construction débute en 607, au sud-ouest de Nara. Ce temple privé du Prince Shotoku se compose de 41 bâtiments indépendants. Le plus important de tous, étant, le temple principal du culte, ou kondō, et le gojū-no-tō érigé au centre d'un espace ouvert entouré par un cloître couvert. Le kondō, construit selon l'ordonnancement des temples du culte chinois, est une structure à deux étages faite d'un enchevêtrement poutres de piliers, recouverte par un irimoya, un toit à pignon incliné élaboré à l'aide de tuiles en céramique.

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Hōryū-ji

Construit comme le centre d'un réseau de temples provinciaux, le Tōdai-ji est le complexe religieux le plus ambitieux érigé au début de l'émergence du bouddhisme au Japon. Le Bouddha d'une hauteur de 14.98 mètres (achevé en 752) qui repose dans le temple principal est un Bouddha Rushana, une figure représentant l'essence de la bouddhéité. De la même façon, Tōdai-ji représente le centre du bouddhisme impérial, participant de manière importante à la diffusion du culte dans l'ensemble du Japon. Aujourd'hui, seuls quelques fragments de la statue originelle subsistent encore, le temple actuel et le Bouddha central étant des reconstructions de l'ère Edo.

Ère Heian (de 794 à 1185)

En réaction à la prospérité et au pouvoir grandissant du bouddhisme, le prêtre Kūkai, plus connu sous son titre posthume : Kōbō Daishi voyage jusqu'en Chine pour étudier le Shingon, une forme de bouddhisme d'origine indienne qu'il introduit au Japon en 806. Au centre du culte Shingon, se trouvent divers mandalas, diagrammes de l'univers spirituel qui influence le style de temple. L'architecture bouddhique japonaise adopte aussi le stūpa dans sa forme chinoise de pagode.

Les temples érigés pour cette nouvelle secte sont construits dans les montagnes, loin de la cour et des profanes de la capitale. La topographie irrégulière de ces sites oblige les architectes japonais à repenser les problèmes de construction des temples et donc à choisir plus d'éléments de décor autochtones. Des toits en écorce de cyprès remplacent ceux en tuiles de céramique, des planches de bois sont utilisées à la place des sols en terre et un lieu de culte séparé est ajouté en face du sanctuaire principal pour les laïcs.

Pendant l'ère Fujiwara, le bouddhisme Jōdo (avec la croyance en Amida, le Bouddha du "merveilleux", du paradis sur terre) devient populaire. La noblesse de Kyoto développe une société dévouée à la recherche de l'élégance esthétique.  

Le hōōdō (« salle du phénix ») du Byōdō-in, un temple dans l'Uji au sud-est de Kyōto, est le type même des salles Amida de l'époque Fujiwara. Il se constitue d'une structure principale rectangulaire flanquée de deux ailes de couloirs en forme de L et d'un corridor de queue, situé à la lisière d'un large étang artificiel. À l'intérieur, une unique représentation dorée d'Amida est placée sur une haute plateforme. Cette sculpture a été réalisée par Jōchō qui utilise de nouveaux canons de proportions ainsi qu'une nouvelle technique yosegi qui consiste à tailler une statue dans plusieurs morceaux de bois et de les assembler par l'intérieur. Sur les murs sont gravés les reliefs en bois coloré de 52 effigies des Bosatsu (Bodhisattva) qui accompagnent Amida dans sa descente du Paradis de l'ouest pour accueillir l'âme des fidèles à leur mort et les ramener dans des pétales de lotus. Le hōōdō est actuellement devenu un musée.

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Le hōōdō du Byōdō-in à Uji près de Kyoto (1053)

Ère Kamakura (de 1185 à 1333)

Le développement principal de cette période a été la mise en place de la cérémonie du thé engendrant la construction de maisons où se tient cette manifestation : les maisons de thé. Cette cérémonie consiste à passer du temps avec des personnes appréciant les arts, en se nettoyant l'esprit, avec un bol de thé servi de façon gracieuse. Le modèle rustique des petites maisons rurale est adopté, mettant en avant des matériaux naturels comme des bûches recouvertes de leur écorce et la paille tissée.

Périodes Sengoku et Azuchi Momoyama (de 1493 à 1603)

Deux nouvelles formes d'architecture sont développées en réponse au climat militaire de cette époque :

  • le château, une structure défensive construite pour loger un seigneur féodal et ses soldats en période de trouble.
  • le shoin, un hall de réception privé, conçu pour refléter les rapports entre seigneurs et vassaux dans la société féodale émergente.

Le château de Himeji, avec ses toits courbés élégants et son complexe de trois tours bâties autour du donjon principal, est une des structures les plus belles de l'ère Azuchi Momoyama.

L'ōhiroma (grande salle de réception de la partie extérieure de l'enceinte) du château de Nijō à Kyōtō est une construction classique de shoin-zukuri, avec son tokonoma (une sorte d'alcôve), donnant, par l'intermédiaire d'une fenêtre, sur un parc soigneusement aménagé, différencie clairement les secteurs pour les seigneurs de Tokugawa et ceux pour leurs vassaux.

Ère Edo (de 1603 à 1867)

Le palais isolé de Katsura à Kyoto contient l'ensemble des bâtiments de type shoin combinés avec des éléments d'architecture japonaise classique, mais, avec des modifications novatrices annonçant le style sukiya-zukuri. Le complexe est entouré dans sa totalité par un magnifique jardin parcouru de chemins piétonniers.

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Château de Himeji

La ville d'Edo (ancien nom de Tokyo) est, à plusieurs reprises, sujette à des feux brutaux et ce qui entraîne l'élaboration d'une architecture simplifiée afin de pouvoir reconstruire facilement la ville après ces incendies. Le bois de charpente des bâtiments est recueilli et stocké dans des villes voisines lorsque l'hiver approche, comme le temps sec aide à la propagation du feu. Une fois qu'un feu éclate et est maîtrisé, le bois est renvoyé à Edo et les quartiers de la ville sont rapidement reconstruits. En raison de la politique des shoguns du sankin-kōtai, les daimyos font construire de grandes maisons ainsi que des parcs, pour leur propre plaisir et celui leurs invités. Kōraku-en est un parc de cette époque qui existe toujours et est ouvert au public.

Ère Meiji (de 1868 à 1912)

Après 1867, lorsque l'empereur Meiji monte sur le trône, le Japon est envahi par de nouvelles formes de culture étrangères.

Au tout début du XXe siècle, les formes d'art européennes sont introduites, leur mariage avec les méthodes japonaises produisant des bâtiments notables comme la gare de Tokyo et le bâtiment de la Diète nationale qui existent toujours aujourd'hui. Ce style s'appelle Giyōfū.

Architecture moderne

La nécessité de reconstruire le Japon après la Seconde Guerre mondiale donne une forte impulsion à l'architecture japonaise, plaçant ainsi les constructions contemporaines japonaises parmi les plus impressionnantes en termes de technologie et de conception formelle.  

Avec l'arrivée des techniques de construction occidentales, des nouveaux matériaux, et l'introduction du modèle Meiji au Japon, de nouvelles structures en béton et en acier sont établies contrastant fortement avec les modèles architecturaux traditionnels. Le Japon joue un rôle moteur dans la conception des gratte-ciel modernes, du fait de sa connaissance parfaite du principe du porte-à-faux qui permet de soutenir de lourdes charges comme les toits lourds des temples. Frank Lloyd Wright est fortement influencé par les arrangements spatiaux de l'architecture japonaise et sa façon d'interpénétrer les espaces intérieur et extérieur en créant des ouvertures dans les murs à l'aide de portes coulissantes.  

Le réaménagement de l'espace urbain rendu nécessaire à la suite de la dévastation laissée à la fin de la Seconde Guerre mondiale produit des architectes majeurs tels que Kunio Maekawa et Kenzō Tange. Kunio Maekawa, en tant que disciple de l'architecte mondialement connu, Le Corbusier, engendre des constructions fonctionnelles et modernes dans un style totalement international. Kenzō Tange, qui travaille d'abord pour Kunio Maekawa, soutint lui aussi le concept de modernité fonctionnelle. Tous deux sont enclins aux idées d'infusion de l'esthétique japonaise à l'intérieur de la rigidité contemporaine des bâtiments, retournant vers les concepts spatiaux et proportions modulaires traditionnelles issus des tatamis. Ils emploient différents matériaux et textures afin d'égayer l'omniprésence morne du béton armé et de l'acier, intégrant notamment des jardins et des sculptures à leurs constructions.

L'architecture est désormais principalement d'obédience occidentale...

D'après Wikipédia